Redeem Equipment - L'artisanat pour combattre la pollution

La vallée de l’Arve, une région touristique confrontée à la pollution atmosphérique

Où que l’on soit dans la vallée de l’Arve, le Mont Blanc trône, impassible, avec son sommet arrondi et enneigé. La commune de Passy, en Haute Savoie, fait partie de ces villes qui bénéficient de ce colosse enneigé et des stations de ski sur lesquelles se ruent les touristes en période hivernale. Avec un peu plus de 10 000 habitants, une grande partie de la population travaille dans les sports d’hiver ou les randonnées de montagne.

Le village de Servoz, à peu de kilomètres de là, est quelque peu à l’écart des flux touristiques et garde un caractère campagnard, avec des exemplaires d’architecture savoyarde traditionnelle. Pourtant, ce village devient un pôle d’attraction dans la vallée lors de sa traditionnelle foire aux moutons, où se réunissent éleveurs mais aussi commerçants de tous bords des environs.

Pauline Calandot est devenue une habituée de ce marché depuis qu’elle a commencé à vendre des produits en toile recyclée, sous le nom de « Po Made in Recyclé ».  En 2019, elle décide de s’associer à Irène Marcotti, entrepreneuse venue de l’Italie toute proche, et forme une entreprise nouvelle : « Redeem Equipment ».

Épouse d’un conducteur de télécabines au Mont Blanc, Pauline habite Passy, dans une maison qui surplombe la vallée. Installée depuis longtemps dans la région, elle connaît bien son ambiance cosmopolite, avec ses touristes venus du monde entier pour profiter des sports d’hiver.

Elle connaît également la grave crise de pollution atmosphérique qui affecte la vallée, en grande partie à cause d’un incinérateur de déchets non recyclés, le SITOM.

Cet incinérateur à grande capacité brûle également les déchets des vallées avoisinantes, produisant une pollution qui affecte la santé de grand nombre des habitants de la vallée. De fait, les manifestations contre l’incinérateur se multiplient, mais il est difficile de demander à ce colosse de changer d’activité, alors qu’il revend son énergie à EDF.

A cela s’ajoute le trafic constant des camions qui traversent le tunnel du mont blanc vers l’Italie, et l’absence de transports en communs, qui pousse les habitants à utiliser la voiture, également génératrice de pollution. En hiver, la vallée de l’Arve vit sous un manteau de pollution.

Redeem Equipment : lutter contre la pollution par le biais de l’artisanat

Avec Redeem Equipment, Pauline Calandot et Irène Marcotti essayent d’apporter une réponse à cette crise. Ensemble, elles visitent souvent le Mountain Store de Passy, siège de la célèbre marque de produits de montagne « Quechua ». En parcourant les dépôts de la fabrique, elles dénichent les produits défectueux ou inutilisables, voués à l’incinérateur, et en rapportent le plus possible.

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Avec ces objets rescapés, Irène et Pauline créent de nouveaux produits, qu’elles revendent avec Redeem Equipment : portes monnaie, sacoches, ceintures, trousses, sacs à dos, produits souvent adaptés aux activités sportives des randonneurs de la région. Cette spécialisation les démarque des autres entreprises d’upcycling (récupération de matériaux pour les transformer en produits de qualité supérieure) qui se multiplient dans la région.

Dans leur démarche de production, Irène Marcotti, qui auparavant travaillait dans le développement de produits en entreprise, utilise son savoir-faire pour préparer de nouveaux prototypes de produits Redeem. Une fois ceux-ci testés par Irène et Pauline, ils sont envoyés à des ateliers-chantiers d’insertion (ACI) où ils sont produits par des personnes en situation de handicap.

Heureusement, les consommateurs sont réceptifs à ces nouveaux produits faits-mains dans la région. En effet, ces produits sont hautement personnalisés, car ils dépendent de la matière première récupérée chaque semaine lorsque Irène et Pauline visitent le Mountain Store. De plus, le sentiment d’agir pour l’environnement motive beaucoup de personnes à acheter des produits Redeem.

Malgré ces premiers succès, Irène et Pauline doivent surmonter les défis de ce métier qui commence. En effet, elles ne comptent pas leurs heures, en travaillant dès qu’elles peuvent, l’objectif étant, à terme, de trouver le rythme nécessaire pour être payées décemment pour leur travail.

En attendant, elles évitent à tous prix les intermédiaires au moment de vendre leurs produits, en privilégiant les ventes en ligne ou les marchés spécialisés. Cela leur permet d’être rémunérées au prix juste pour leur travail, tout en offrant des prix intéressants à leur clientèle.

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